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Les règles d'orthographe anglaise qui valent vraiment la peine (il n'y en a que six)

Publié le 22 September 2026

La plupart des règles d’orthographe anglaise qu’on trouve dans les livres et sur le web ne méritent pas d’être enseignées. Elles ont tant d’exceptions que l’enfant finit par retenir la règle et les exceptions, ce qui est plus de travail qu’apprendre les mots. Une règle utile doit franchir une barre haute : tenir en une phrase, et être juste sur beaucoup de mots avec des exceptions qu’on peut compter.

Six la franchissent. À elles six, elles gouvernent des milliers de mots, et chacune s’enseigne en quelques minutes. Cet article est la carte ; chaque règle a son guide avec le détail et les exceptions.

Ce qui fait qu’une règle vaut la peine

Avant la liste, le test. Une règle mérite sa place quand :

  • Elle tient en une phrase qu’un enfant de neuf ans peut répéter.
  • Elle couvre beaucoup de mots, pas une poignée.
  • Ses exceptions sont assez rares pour être nommées, ou forment un groupe qu’on apprend comme tel.
  • Elle s’applique au moment d’écrire : l’enfant peut s’en servir au milieu d’une phrase, pas seulement en analysant le mot après coup.

Une règle avec plus qu’une poignée d’exceptions coûte en général plus cher à retenir que les mots qu’elle couvre. C’est pourquoi les longues listes de règles n’aident pas : l’enfant ne sait pas laquelle s’applique, donc il n’en applique aucune.

Ce que vous pouvez faire : une règle à la fois, et deux ou trois semaines d’usage avant d’en ajouter une autre. Une règle à laquelle l’enfant recourt vraiment vaut mieux que cinq qu’il récite.

Les six qui méritent leur place

1. Doubler la consonne finale

Hophopping ; hopehoping. Une voyelle courte et une consonne finale : on double avant une terminaison qui commence par une voyelle. Cette seule règle décide de milliers de formes en -ing et -ed, et la rater produit les fautes les plus visibles dans les rédactions. Guide complet de la règle du doublement.

2. Ajouter -ed et -ing

Étroitement liée, et source de la plupart des fautes de terminaison verbale : enlever le e muet avant une terminaison en voyelle, changer y en i dans certains cas et pas d’autres, et appliquer le doublement. L’enfant qui apprend les trois ensemble cesse de deviner.

3. Former les pluriels

Ajouter s ; ajouter es après un son sifflant ; changer y en ies après une consonne. Trois sous-règles à très large couverture, et un petit groupe d’irréguliers qu’il faut simplement connaître.

4. Les lettres muettes

Plus qu’une règle, une famille de schémas : kn, wr, mb, gn, -ough. Elles paraissent arbitraires, mais se regroupent étroitement, et connaître les groupes transforme une longue liste de bizarreries en six ou sept petits groupes. Les lettres muettes : pourquoi elles existent, comment les retenir.

5. Les homophones porteurs de sens

Their / there / they’re, your / you’re, its / it’s. Ce ne sont pas tant des fautes d’orthographe que des fautes de grammaire qui apparaissent comme de l’orthographe, et elles coûtent des points jusque tard au collège. Le francophone les connaît bien : c’est le a / à, le ou / où de l’anglais.

6. Savoir quand une règle ne s’applique pas

Le plus utile après les règles elles-mêmes : reconnaître les mots qui les ignorent. Said, one, because, friend : une courte liste d’irréguliers très fréquents qui demandent de la répétition, pas du raisonnement. Pourquoi votre enfant fait toujours les mêmes fautes explique comment les traiter.

Ce que vous pouvez faire : dans cet ordre. Le doublement et les terminaisons verbales produisent l’amélioration visible la plus rapide, parce qu’elles apparaissent dans presque toute rédaction.

Dans quel ordre, et à quelle classe

Pour un enfant en France ou au Québec, un calendrier raisonnable :

ClasseRèglePourquoi à ce moment
CM1–CM2 / 5e-6e annéeDoubler la consonneil commence à écrire -ing
6e / 6e année–sec. 1-ed et -ingles trois ensemble, avec la précédente
6e–5ePlurielstwo ___ apparaît dans les rédactions
5eLettres muettesla liste contient know, write, what
5e–4eHomophonesil écrit déjà des phrases avec there is
4e–3eSavoir quand ça ne s’applique pasla liste des irréguliers est presque complète

Ce n’est pas une norme ; c’est le moment où chaque règle commence à servir dans ce que l’enfant écrit. Avant, c’est un fait sans usage.

La règle célèbre qui n’entre pas

I before e except after ci avant e sauf après c ») est la règle d’orthographe anglaise la plus enseignée, et l’une des moins fiables. Telle qu’on l’énonce d’habitude, elle échoue assez souvent pour induire en erreur : their, weird, height, foreign, science, ancient la contredisent, et ce sont tous des mots courants.

Il existe une version plus étroite (seulement quand ça se prononce /iː/) qui fonctionne à peu près, mais celle que la plupart des enfants apprennent est la large, et elle fait plus de mal que de bien.

Une règle qui échoue sur des mots courants apprend à l’enfant qu’on ne peut pas se fier aux règles — ce qui est pire que de n’en enseigner aucune.

Comment enseigner une règle pour qu’elle reste

On enseigne d’ordinaire les règles comme des phrases à retenir. Elles marchent bien mieux comme des schémas à remarquer :

  1. Cinq exemples avant d’énoncer la règle. Écrivez hopping, running, sitting, getting, swimming et demandez ce qu’ils ont en commun. La règle que l’enfant formule reste ; celle qu’on lui dit s’oublie.
  2. Puis des exemples où elle casse. Ajoutez hoping, writing, taking. C’est dans le contraste que l’apprentissage se fait.
  3. Nommez les exceptions tout de suite. Ne le laissez pas les découvrir en voyant une rature rouge.
  4. Servez-vous-en sur ses propres mots. Avec la liste de la semaine du collège, pas celle du manuel : elle sert immédiatement.
  5. Revenez-y. Une règle vue une fois est un fait ; utilisée pendant des semaines, elle devient automatique — c’est comme ça que toute orthographe se fixe.

Questions fréquentes

Combien de règles un élève de primaire ou de collège doit-il apprendre ?

Six, réparties sur deux ou trois ans, avec deux ou trois semaines d’usage réel pour chacune. Davantage, et il ne saura plus laquelle appliquer.

À quel âge commence-t-on ?

Quand l’enfant commence à écrire -ing et -ed (fin de primaire ou 6e en France, 6e année ou secondaire 1 au Québec), d’abord le doublement et les terminaisons verbales. Pluriels et lettres muettes ensuite. Les homophones quand il écrit déjà des phrases.

À l’école on lui enseigne beaucoup de règles. Doit-il toutes les connaître ?

Non. Utiliser ces six ; pour le reste, si les exceptions sont nombreuses, apprendre les mots revient moins cher.

Pourquoi le « i before e » qu’on m’a appris n’y est-il pas ?

Parce qu’il échoue trop souvent sur des mots courants. La version étroite tient ; la large, qu’on enseigne d’habitude, fait plus de mal que de bien.

Les règles changent-elles entre anglais britannique et américain ?

Les six sont identiques. Seul le doublement a une différence sur le -l (britannique travelling, américain traveling). La France prépare souvent Cambridge, qui accepte les deux ; le Québec suit l’américain. Nous l’expliquons dans Anglais britannique ou américain ?

Pour aujourd’hui

Regardez la dernière rédaction ou le dernier contrôle et cherchez le type de faute le plus fréquent : -ing faux (doublement), pluriels, homophones ? C’est celui qu’on enseigne en premier. Une règle, deux ou trois semaines.

Une fois la règle enseignée, elle se fixe en l’utilisant sur les mots de l’enfant. SpellEasy permet de photographier la liste du collège pour que l’enfant l’écoute et l’écrive sans la voir ; les mots ratés — d’ordinaire ceux où la règle est mal appliquée — reviennent seuls. La règle se pratique sur ses mots, pas sur ceux du manuel.