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Pourquoi l'orthographe anglaise est-elle si irrégulière ? Une explication courte pour les parents

Publié le 22 September 2026

L’orthographe anglaise paraît irrégulière parce qu’elle enregistre trois choses à la fois : de quelle langue chaque mot a été pris, comment il se prononçait il y a cinq cents ans, et à quels autres mots il est apparenté. Les trois superposées donnent though, through, tough, cough : quatre -ough, quatre prononciations.

Pour un parent francophone, la surprise est moindre que pour d’autres : le français aussi a ses lettres muettes et ses -ent qu’on ne prononce pas. Mais l’anglais va plus loin, et surtout il n’a jamais été « réglé » par une académie. Son irrégularité a pourtant une logique, et il est bien plus régulier qu’il n’y paraît : environ les trois quarts des mots anglais se déduisent. Savoir lequel est le quart restant décide de la façon d’enseigner.

L’anglais est une langue d’emprunt qui porte des orthographes d’emprunt

Les mots anglais viennent de plusieurs endroits : le vieil anglais d’origine (house, bread, king), les mots apportés par les Vikings (sky, egg, they), le français (table, beef, government), le latin et le grec (school, photo, physics).

Chaque groupe est entré avec les habitudes orthographiques de sa langue. ph lu /f/ est une habitude grecque ; ch dans chef lu /ʃ/ est une habitude française ; ch dans church lu /tʃ/ est du vieil anglais. Même combinaison de lettres, trois origines, trois lectures.

L’anglais n’est pas un système orthographique, mais plusieurs superposés. Quand l’enfant dit que « c’est n’importe quoi », il a raison : ce sont plusieurs systèmes.

Ce que vous pouvez faire : quand il demande « pourquoi ce mot s’écrit comme ça ? », vous pouvez répondre « parce qu’il vient du français, et en français il s’écrit comme ça ». Pas besoin de toute l’histoire. Il suffit qu’il sache qu’il y a une raison.

Et ici le francophone a un atout : un tiers des mots anglais, il les reconnaît déjà. Government, table, nation — ce sont les siens.

La prononciation a bougé ; l’orthographe est restée

Il y a cinq cents ans, le k et le gh de knight se prononçaient : cela sonnait à peu près « knicht ». Puis la prononciation de l’anglais a beaucoup changé, de nombreux sons ont disparu ou se sont transformés, mais l’imprimerie venait d’arriver et l’orthographe s’est figée dans les livres.

C’est pourquoi la plupart des lettres muettes de l’anglais sont des « lettres qui sonnaient avant » : le k de knife, le b de lamb, le w de write, le gh de night. Elles ne sont pas mises au hasard : le son est parti, la lettre est restée. Exactement comme le s de forêt ou le p de sept en français.

Ce que vous pouvez faire : ne lui demandez pas de « retenir une lettre inutile » ; dites-lui que « cette lettre sonnait avant ». Et qu’il les apprenne par groupes : kn- est un groupe, -mb un autre. Les sept groupes sont dans Les lettres muettes : pourquoi elles existent, comment les retenir.

L’orthographe conserve le sens, pas seulement le son

L’anglais fait quelque chose que le français fait aussi : il garde la « famille » visible même quand le son change.

Le g de sign est muet, mais dans signature il sonne ; l’orthographe conserve le g pour qu’on voie la parenté. Le w de two est muet, mais twin, twelve, twenty le portent, et tous ont à voir avec « deux ». Le c de muscle est muet ; dans muscular il sonne. Un francophone connaît le principe : le d de grand ne s’entend pas, mais il annonce grande.

Ce que vous pouvez faire : devant un mot irrégulier, demandez « il a des cousins ? ». Ceux de sign sont signal et signature ; dès qu’il s’en souvient, ce g a un sens.

Bien plus régulier qu’il n’y paraît

Après tant d’irrégularité, les proportions : environ la moitié des mots anglais suivent entièrement les règles ; en ajoutant ceux qui « suivent la règle sauf sur un point », on dépasse les trois quarts. Ceux qu’il faut mémoriser en entier sont peu nombreux, et ce sont surtout les cent à deux cents plus fréquents (said, was, one, who, does).

Friend n’a d’irrégulier que le i. Because, seulement au. Said, seulement ai. Mémoriser un mot entier et mémoriser une seule exception, ce sont deux charges très différentes.

Ce que vous pouvez faire : pour chaque mot difficile, cherchez ensemble « où est le bizarre » et entourez-le. L’enfant retient « friend a un i », pas six lettres sans lien. L’idée est développée dans Comment l’orthographe se fixe dans la mémoire.

Ce que cela change dans la façon d’aider

  • Ne pas dire « l’anglais c’est comme ça, apprends ». Presque tous les mots ont une raison, et ceux qui en ont une restent.
  • Les règles d’abord, les exceptions ensuite. Quelques règles (quand doubler, quand -ies, les groupes de lettres muettes) couvrent la majorité des mots.
  • Des exceptions, seulement la partie exceptionnelle. Entourer le bizarre ; le reste suit la règle.
  • Accepter qu’une poignée de mots s’apprend par cœur. Les cent à deux cents plus fréquents et irréguliers, avec regarde-cache-écris-vérifie, sans chercher de raison.

Quand l’enfant demande « pourquoi ? » et que vous pouvez répondre « parce que ça vient du français » ou « parce que c’est le cousin de signal », son rapport à l’anglais change : de « cette langue se moque de moi » à « cette langue a une histoire ».

Questions fréquentes

Y a-t-il vraiment des règles en orthographe anglaise, ou tout s’apprend par cœur ?

Il y a des règles, et elles couvrent la majorité des mots. Ceux qu’on mémorise en entier sont peu nombreux : surtout les cent à deux cents irréguliers les plus fréquents. Les autres suivent la règle en entier ou sauf sur un point.

Un enfant francophone a-t-il un avantage pour l’orthographe anglaise ?

Un grand : un tiers du vocabulaire anglais vient du français, donc nation, important, possible, animal lui sont déjà familiers. Et un piège : ces mots diffèrent presque toujours d’une lettre. Les deux sont dans Les fautes d’orthographe anglaise typiques des francophones.

Faut-il lui enseigner l’histoire de l’anglais ?

Des cours, non. Une phrase du type « ce mot est emprunté » ou « cette lettre sonnait avant » suffit. L’enfant ne veut pas une leçon ; il veut une raison.

Pourquoi l’anglais britannique et l’américain s’écrivent-ils différemment ?

Parce qu’au XIXe siècle, aux États-Unis, quelqu’un a réformé l’orthographe exprès (colour → color, centre → center), et pas en Grande-Bretagne. C’est une couche d’irrégularité de plus, et dans le monde francophone les deux coexistent : la France penche vers le britannique avec Cambridge, le Québec vers l’américain. Nous l’expliquons dans Anglais britannique ou américain ?

Comment enseigner les lettres muettes ?

Par groupes : celles qui commencent par kn- (knife, knee, know), celles qui finissent en -mb (lamb, climb, thumb), celles en wr-. Cinq ou six mots d’un coup par groupe, bien plus vite qu’un par un.

Pour aujourd’hui

La prochaine fois qu’il demande « pourquoi ça s’écrit comme ça ? », essayez l’une des trois réponses : c’est emprunté, cette lettre sonnait avant, c’est le cousin de tel mot. L’une des trois est juste.

Pour la poignée de mots qui ne s’apprennent que par cœur, SpellEasy permet d’écouter chaque mot et de l’écrire sans le voir ; les mots ratés reviennent seuls. Des règles pour les mots à règle, du rappel pour ceux qui n’en ont pas.