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Les fautes d'orthographe anglaise typiques des francophones

Publié le 12 September 2026

Les francophones disposent du plus grand avantage lexical de tous les apprenants de l’anglais. Près d’un tiers du vocabulaire anglais vient du français, si bien que nation, important, possible et government sont déjà familiers.

Cet avantage est aussi le principal piège. Quand deux mots sont presque identiques, les petites différences — une consonne doublée ici, un e manquant là — sont précisément celles qu’un enfant ne remarque pas.

Les cognats qui diffèrent d’une ou deux lettres

Les fautes les plus fréquentes des francophones ne sont pas des inventions. Ce sont les orthographes françaises de mots qui existent dans les deux langues :

FrançaisAnglaisFaute typique
adresseaddressadress
exempleexampleexemple
développementdevelopmentdevelopement
langagelanguagelangage
responsableresponsibleresponsable
indépendantindependentindependant
comitécommitteecomitee

Ces fautes ressemblent à de l’étourderie et n’en sont pas : c’est une orthographe concurrente que l’enfant connaît très bien.

Que faire : enseigner les paires côte à côte avec la différence surlignée, plutôt que de corriger le mot anglais seul. Un enfant qui voit adresse / address avec le double d mis en évidence cesse de se tromper bien plus vite.

Les consonnes doubles ne sont pas au même endroit

Les deux langues doublent des consonnes, mais pas dans les mêmes mots. Address prend deux d en anglais et un seul en français ; development prend un seul p là où développement en prend deux.

Aucune règle ne convertit l’une en l’autre. C’est un travail de mémorisation, et le geste utile est d’identifier les mots à risque — les cognats — plutôt que de traiter tout l’anglais comme également dangereux.

Les mots qu’un francophone écrit mal sont prévisibles : une liste personnelle d’une trentaine de cognats vaut mieux que n’importe quel programme général.

Que faire : collecter les fautes de cognats dans les écrits de votre enfant pendant quelques semaines. La liste sera courte, répétitive et parfaitement ciblée.

Les terminaisons qui se convertissent régulièrement

Certaines correspondances sont fiables et méritent d’être enseignées comme des règles :

FrançaisAnglaisExemple
-té-tyuniversité / university
-eur-or / -erdocteur / doctor
-aire-arynécessaire / necessary
-ique-icmusique / music
-eux-ousdangereux / dangerous

Chacune de ces conversions débloque des dizaines de mots d’un coup, ce qui en fait un bien meilleur usage du temps que les listes de mots isolés.

Que faire : une terminaison par séance, avec six exemples.

Les sons qui posent problème

Les francophones rencontrent moins de difficultés phonétiques que les locuteurs de langues non européennes, mais celles qui existent sont constantes :

  • Le h est muet en français, donc il saute : ouse pour house, ave pour have.
  • Les deux sons th n’existent pas, remplacés par z ou s : zis pour this, sink pour think.
  • Les consonnes finales sont souvent muettes en français, donc les terminaisons anglaises disparaissent — y compris les -s et -ed grammaticaux.
  • La distinction i / ee est difficile : ship contre sheep.

Que faire : écoute de paires minimales pour les th et les voyelles, et exagérer les consonnes finales pendant la dictée pour les rendre audibles.

Les faux amis, un piège distinct

Un danger voisin mérite d’être nommé : les mots qui existent dans les deux langues avec des sens différents. Actuellement signifie currently, pas actually. Librairie est une bookshop, pas une library. Sensible signifie sensitive.

Ce ne sont pas des fautes d’orthographe, mais elles se manifestent de la même façon : l’enfant écrit un mot avec assurance, et il est faux.

Que faire : tenir une liste de faux amis à côté de la liste de cognats. Les deux sont courtes, personnelles, et rapportent bien plus que du vocabulaire générique.

L’avantage reste largement gagnant

Rien de tout cela ne doit masquer l’essentiel : un francophone qui apprend l’anglais part avec une avance lexicale considérable, surtout dans les registres soutenus et académiques. Les pièges sont réels, mais peu nombreux, identifiables et finis.

Les fautes se concentrent sur une liste d’une quarantaine de cognats — une cible tout à fait atteignable.

Que faire : constituer la liste personnelle, la travailler sur un trimestre en séances courtes avec le mot caché, et traiter le reste de l’orthographe anglaise au fil de l’eau.


Questions fréquentes

Pourquoi mon enfant écrit-il « adress » au lieu de « address » ?

Parce que le mot français est adresse, avec un seul d et deux s — l’inverse du schéma anglais. Ce n’est pas de l’étourderie mais l’interférence d’une orthographe concurrente bien connue. Montrer les deux mots ensemble, avec les lettres différentes surlignées, marche bien mieux que corriger la forme anglaise seule.

L’orthographe française et anglaise se ressemblent-elles ?

Elles partagent un vocabulaire énorme, donc beaucoup de mots se ressemblent, mais les conventions diffèrent de façon systématique — notamment quelles consonnes sont doublées et quelles terminaisons sont employées. La ressemblance aide à la reconnaissance et nuit à la production.

Quelles terminaisons se convertissent de façon fiable ?

Plusieurs : -té devient -ty (université / university), -ique devient -ic (musique / music), -eux devient -ous (dangereux / dangerous) et -aire devient -ary (nécessaire / necessary). Chacune mérite d’être enseignée comme une règle, puisqu’un seul schéma débloque de nombreux mots.

Qu’est-ce qu’un faux ami et pourquoi est-ce important ?

Ce sont des mots qui se ressemblent dans les deux langues mais n’ont pas le même sens : actuellement signifie currently, pas actually ; librairie est une bookshop. Ce sont des erreurs de vocabulaire plutôt que d’orthographe, mais elles produisent la même expérience — écrire un mot avec assurance et se tromper.

L’anglais est-il plus facile à écrire pour un francophone ?

Globalement oui, pour le vocabulaire. Le français étant lui aussi un système orthographique irrégulier, l’idée que l’écrit ne suit pas exactement la prononciation n’a rien de choquant. Les difficultés se concentrent sur les différences d’orthographe entre cognats et sur quelques sons absents du français.

Comment travailler les pièges de cognats ?

Construire une liste personnelle à partir des écrits de votre enfant plutôt qu’une liste toute faite : les fautes sont très individuelles et très répétitives, si bien que trente ou quarante mots couvrent l’essentiel. Les travailler mot caché, en séances courtes, avec la forme française à côté pour le contraste.


Quand les pièges sont des mots précis plutôt qu’une faiblesse générale, il faut pouvoir travailler sa propre liste. SpellEasy permet de constituer une liste à partir des mots que votre enfant rate réellement.